Le Kamagnene ou la fete de la moisson

Publié : February 1, 2012 | Commentaires : 0 | Vus : 54


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Casamance, Sénégal - / Antennes d'Afrique / - Le « Kamagnène» est organisé, chaque année, après les récoltes entre le mois de février et le mois de mars par les paysans de deux entités de villages appartenant au département d’Oussouye, une zone située en basse Casamance dans le Sud du Sénégal. La fête de la moisson est la consécration de l’autosuffisance alimentaire et de la lutte contre la faim.

Célébrée pour remercier le Bon Dieu pour la bonne moisson enregistrée durant l’année en cours, la tenue de la fête de la moisson est décidée par le chef féticheur de Moulomp Haêr qui réside dans l’entité de Moulomp et Kajinol, en l’annonçant à son messager. Ce dernier, fort des instructions reçues de son chef, sillonne les villages en livrant le message à travers une chanson que les enfants répandent dans les quartiers des deux entités qui polarisent les villages de Moulomp, Kadjinol, Kagnout, Loudia Diola et Samatite.

Après le passage du messager, c’est l’effervescence dans la communauté. La joie se lit dans le visage des paysans qui commencent déjà à préparer la fête. Dans les familles, les tâches sont réparties entre les hommes, les femmes et les enfants. Sur la petite place servant de gare routière, des enfants attendent, devant les nombreuses rotations de taxis brousses qui déversent des dizaines de passagers, l’arrivée annoncée d’un parent ou d’un ami. Des habitants des villages environnants venus assister à la fête, arrivent à bicyclette ou à pied.

Le cinquième jour après l’annonce du « Kamagnène », des libations sont faites dans chaque concession, pour souhaiter une bonne organisation de la fête, mais aussi pour souhaiter que la paix règne durant les trois jours que dure la fête de la moisson dans l’entité de Moulomp qui célèbre la fête la première, comme de coutume.

Le jour du démarrage du Kamagnène, des séances de lutte traditionnelles sont organisées toute la journée, dans le « Humagnène », qui désigne la grande place du village où se tiennent les activités commémorant la fête. C’est d’abord la danse du « Ekonkone » qui est proposée à l’assistance. Cette danse, qui sert d’échauffement, pendant laquelle les lutteurs sont torse nu, exhibant les biceps comme pour décourager l’adversaire, est exécutée avec un instrument de musique traditionnel appelé « Kabonbolong ». Fabriqué à partir d’un tronc d’arbre, l’instrument dont le bruit est perceptible à des kilomètres, est utilisé aussi pour annoncer un message. Par exemple, lorsqu’un chasseur tue un animal inconnu du village comme la panthère ou tout simplement pour annoncer un décès. Il est perçu comme un téléphone de brousse.

C’est l’occasion pour les nouveaux mariés de sortir pour se faire découvrir du public dans l’aréne sacrée de Di Elhew de Kagnout la semaine suivante. Ils sont accompagnés par des filles et des garçons de même quartier ainsi que par des adultes qui les encadrent. Les nouveaux mariés sont reconnaissables par leur accoutrement fait de beaux habits, notamment de pagnes traditionnels. C’est durant le « Kamagnène » que les époux mettent fin à leur carrière de lutteur.  Lire la suite sur Antennes d'Afrique

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